Véganisme

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Le véganisme, c'est quoi ?

​Le véganisme n'a réellement rien de difficile. Comprendre le véganisme, devenir végane et le rester ne requiert aucune connaissance particulière en philosophie, éthique, droit, économie ou même nutrition. Le véganisme repose sur ce en quoi nous croyons déjà toutes et tous : que les animaux non-humains ne sont pas des choses, mais des individus à part entière - ce qui signifie qu'ils possèdent une valeur morale inhérente, quelle qu'elle soit ; qu'il est moralement inacceptable de leur infliger de la souffrance, de la douleur et la mort si cela n'est pas justifié.

Il s'agit véritablement d'un principe moral que nous clamons toutes et tous accepter et les exemples qui le prouvent sont abondants : les affaires Michael Vick, Mary Bale ou plus récemment et plus localement Farid de la Morlette ; les réactions générales lors de la diffusion de vidéos tournées dans les abattoirs ou de vidéos montrant des actes violents envers des animaux ; etc.

Si vous reconnaissez que les animaux non-humains ne sont pas des choses mais qu'ils sont des individus dotés d'une valeur morale inhérente (que vous la considériez inférieure à celle des humains ou non), si vous reconnaissez qu'il est inacceptable de leur infliger souffrance, douleur et mort sans justification valable, vous croyez déjà au véganisme.

 

Nous définissons le véganisme comme un engagement moral nécessaire qui consiste à rejeter toute forme d'utilisation des, de violence et de discrimination envers les êtres sentients, indépendamment de l'espèce.

​« engagement moral »

Le véganisme est fréquemment présenté comme un mode de vie, ce qui est une grave erreur dans la mesure où le véganisme est un engagement d'ordre moral, reposant sur la justice, l'égalité et la non-violence. Réduire le véganisme à l'état de « mode de vie » équivaut à supprimer toute sa dimension morale pour n'en faire qu'un choix préférentiel, un choix basé sur des notions personnelles - telles que le sens de la beauté ou de l'amitié - et des intérêts individuels - tels que le goût ou plaisir, la facilité, le divertissement -, c'est-à-dire les raisons-mêmes qui mènent le public à exploiter les animaux non-humains. Autrement formulé, cela en revient à considérer que le véganisme est similaire au fait de préférer le tennis au football. Or, le véganisme n'est pas un mode de vie, pas plus que l'antiracisme ou une position opposée au viol n'en sont ; ce sont des positions morales, des engagements moraux. Définir le véganisme comme un mode de vie sous-tend donc qu'il ne serait qu'un mode de vie parmi d'autres, qu'une option parmi d'autres options valables de façon égale d'un point de vue moral.

 

​« nécessaire »

En réalité, le véganisme dépasse l'engagement moral : il est un impératif moral, c'est-à-dire qu'il est moralement requis.

L'utilisation des non-humains implique de les discriminer, exploiter, torturer et tuer. Elle implique de leur infliger souffrance, douleur et mort. Pourtant, elle ne repose sur aucune nécessité, d'aucune sorte - voir Problématique sanitaire. Elle repose uniquement sur le plaisir, la facilité et le divertissement. Or, ces éléments ne constituent pas une justification valable ; nous les refusons comme justifications lorsque les humains sont concernés, et le plus souvent nous les refusons également lorsque les animaux non-humains sont concernés. Une fois encore, l'affaire Michael Vick en est un excellent exemple : il a organisé plusieurs combats de chiens, pour se divertir. Bien qu'il ait tiré un certain plaisir en regardant ces combats (en tout point similaire au plaisir que nous retirons de la consommation de produits d'origine animale), le public l'a fermement condamné pour avoir organisé des combats de chiens. Personne n'a pris sa défense, personne n'a estimé que le plaisir qu'il a retiré de ces combats justifiait leur organisation. Il en va de même pour les affaires Mary Bale et Farid de la Morlette.

Puisque non-nécessaire et de fait contraire au principe moral que nous clamons reconnaître, l'utilisation des non-humains est moralement inacceptable. Cela nous confère donc l'obligation morale d'adopter la position qui lui est contraire. En effet, si la position X est moralement inacceptable, nous avons l'obligation d'adopter la position non-X et de condamner moralement X. La seule position contraire à l'utilisation des non-humains, la seule position qui réponde avec cohérence au principe moral que nous disons reconnaître, est le véganisme - pas les réformes de « bien-être », le végétarisme, le flexitarisme, les pétitions et donations, la réduction de la consommation de viande...

 

Nous n'entendons évidemment pas vous convaincre avec ces quelques lignes. Nous analyserons plus amplement cette question dans notre article Problématique morale. Alors, s'il vous plaît, n'interrompez pas votre lecture si tôt, même si vous n'êtes pas d'accord avec nous.

​« qui consiste à rejeter toute forme d'utilisation des, de violence et de discrimination envers »

Il n'existe aucune forme d'utilisation des animaux non-humains qui soit moralement acceptable, car aucune n'est nécessaire, qu'il s'agisse d'une utilisation pour l'alimentation, l'habillement, le divertissement, la thérapie ou l'assistance, l'expérimentation médicale... et nous le prouverons tout au long de nos différents articles.

La violence n'est pas non plus compatible avec le véganisme, d'une première part parce qu'elle est moralement injustifiable et d'une seconde part parce que le véganisme est une extension de la non-violence à l'ensemble des êtres sentients. Nous savons que certains individus véganes recourent à la violence, et nous condamnons totalement cela. Nous les invitons à repenser urgemment leur compréhension du véganisme.

Enfin, la discrimination ne saurait non plus trouver sa place dans le véganisme : elle est toujours inacceptable d'un point de vue moral. La discrimination consiste à dévaluer les intérêts et les droits de certains individus sur base d'un critère moralement impertinent. Elle consiste à exclure de la communauté morale certains individus sur base d'une caractéristique dénuée de pertinence morale. Cette caractéristique revêt diverses formes (dans nos sociétés, à peu près n'importe qu'elle différence !) : la couleur de la peau, l'origine ethnique, la langue parlée, le genre, le sexe biologique, l'orientation dite sexuelle, les croyances religieuses ou spirituelles, l'âge, l'apparence, la capabilité... l'espèce. Lorsqu'elle se base sur cette dernière caractéristique, la discrimination porte le nom de spécisme. Et le spécisme est l'un des fondements de l'exploitation des animaux non-humains ; nous tentons de justifier leur exploitation par le fait qu'ils ne sont pas humains, qu'ils ne posséderaient pas certaines caractéristiques supposément exclusivement humaines et subjectivement valorisées par les humains, ou qu'ils seraient cognitivement inférieurs aux humains. Nous avons alors à leur égard des conduites que jamais nous n'aurions à l'égard d'autres humains.

​« les êtres sentients »

 

La sentience, c'est-à-dire la capacité à expérimenter la souffrance, la douleur et le plaisir, est la seule et unique caractéristique requise pour être inclus dans la communauté morale. Le fait qu'un individu soit capable d'éprouver la douleur, la souffrance et le plaisir lui confère des intérêts fondamentaux, tels que ceux de ne pas souffrir ni mourir.

Les facultés cognitives telles que la mémoire, la conscience de soi ou le langage n'ont aucune pertinence morale. Nous le constatons, par exemple, dans le cas des humains atteint d'une amnésie transitoire globale : ils vivent dans une sorte d'éternel présent, n'ayant ni souvenir du passé ni anticipation du futur, mais cela n'influence pas leur valeur morale. En effet, nous ne considérons pas que, du fait de leur situation, nous avons le droit de les soumettre à des expérimentations ou de les manger. Au contraire, nous estimons que leur situation de potentielle vulnérabilité nous confère à leur égard des responsabilités morales d'autant plus grandes.

 

​« indépendamment de l'espèce »

Les droits des animaux humains - car oui, nous sommes des animaux, et cela n'a rien de péjoratif ou de dévalorisant* - et les droits des animaux non-humains sont inextricablement liés. Nous ne pouvons pas espérer que les droits des uns soient respectés​ lorsque les droits des autres sont bafoués quotidiennement, et la morale ne s'applique pas de façon préférentielle, variable et discriminatoire. Nous devons rejeter l'exploitation, la violence et la discrimination lorsque les humains en sont victimes, tout autant que nous devons les rejeter lorsque les non-humains en sont victimes.

​Il est fort probable qu'à ce stade, vous soyez en désaccord avec une telle définition du véganisme, en particulier en ce qui concerne le fait que le véganisme est un impératif moral. C'est « normal », car sans doute vous a-t-on habitué à l'idée que le véganisme soit un mode de vie parmi d'autres, une position répondant à des préférences et à des croyances subjectives plutôt qu'à une obligation morale univoque. C'est, du moins, le discours habituel des associations de « protection animale ». Et pourtant, le véganisme est un impératif moral et nous entendons vous le prouver, sur la simple base du principe moral que nous avons énoncé en début de page et auquel nous clamons toutes et tous croire : qu'il est moralement inacceptable d'infliger de la souffrance, de la douleur et la mort à des êtres sentients si cela n'est pas justifié. Dès lors que nous reconnaissons ce principe moral et dès lors que nous reconnaissons que les animaux non-humains ne sont pas des choses mais des individus, nous sommes engagé à devenir végane.

 

​*Dans la pensée populaire, qualifier les humains d'animaux est le plus souvent considéré comme dévalorisant, malgré les évidences scientifiques démontrant que nous sommes des animaux également. Cette sensation de dévalorisation lorsque qualifiés d'animaux nous provient en réalité du spécisme. C'est-à-dire que c'est parce que nous traitons les animaux non-humains comme nous étant inférieurs moralement que nous trouvons cela dégradant de leur être associés. Dès lors que nous analysons la question en écartant notre spécisme, cette sensation de dévalorisation n'est plus.

Pour l'expliquer par un autre exemple, certains individus pensent que « gay » est une insulte. C'est révélateur non pas de ce qu'est l'homosexualité, mais de la façon dont nous la percevons.

 

Problématique morale

 

Nous reconnaissons toutes et tous que les animaux non-humains ne sont pas des choses, mais des individus - et qu'ainsi, ils ont une valeur morale inhérente, quelle qu'elle soit. Nous reconnaissons également qu'il est moralement inacceptable de leur infliger de la souffrance, de la douleur et la mort sans justification valable. Or, la seule réponse moralement cohérente aux principes que nous disons reconnaître est le véganisme, car toute autre position implique d'infliger de la souffrance, de la douleur et la mort aux non-humains sans aucun motif moralement acceptable.

​Sentience et intérêts fondamentaux

Tous les animaux non-humains que nous exploitons, torturons - car c'est bien ce dont il est question ; nous n'utiliserions pas d'autre mot pour désigner ce que nous faisons si des humains étaient concernés - et tuons quotidiennement sont sentients (et nous parlons ici de plus de 56 milliards d'animaux terrestres et de plus d'un trillion d'animaux aquatiques). Cela signifie qu'ils sont capables d'expérimenter la douleur, la souffrance et le plaisir. Ils ont, de fait, une conscience subjective d'eux-mêmes et sont, de fait aussi, des individus. Nul ne doute de cela, à l'exception de quelques personnes dont le raisonnement est pour le moins irrationnel et infondé. La sentience des non-humains que nous exploitons a été démontrée de multiples façons. Par l'expérience, d'abord : celles et ceux qui ont déjà vécu avec des non-humains et ont pris le temps de les observer objectivement auront certainement remarqué qu'ils sont capables d'éprouver souffrance, douleur et plaisir, qu'ils ressentent des émotions et ont des personnalités différentes. Les vidéos prouvant tout cela affluent sur le web et notre réaction habituelle est de trouver cela adorable, alors que nos actes sont en totale contradiction avec le fait de trouver ces vidéos adorables. Par la logique, aussi : il serait incroyablement difficile, sinon impossible, d'expliquer la majorité des comportements des animaux non-humains, comportements par ailleurs similaires aux nôtres, en leur niant toute sentience. Il s'avère également que de nombreux chercheurs, depuis déjà des décennies, mènent des expériences sur des animaux non-humains qui, si ceux-ci n'étaient pas sentients, ne pourraient prétendre avoir le moindre sens, à l'instar des expériences de psychologie consistant à infliger de la douleur et de la souffrance à des rats afin de les conditionner, d'infliger douleur et souffrance à des agneaux pour observer comment le stress qui en résulte influence leur développement, ou encore d'infliger douleur et souffrance à des singes afin d'observer comment cela influence leurs comportements sociaux ou leur développement. Les expériences de « privation maternelle » en sont un exemple tristement célèbre, et il existe des centaines d'expériences de ce genre. Enfin, au-delà de toutes ces expériences douteuses, la science, en particulier la neurologie, les sciences cognitives et l'éthologie, ainsi que les observations de Charles Darwin, a prouvé la sentience des non-humains que nous exploitons.

Puisqu'ils sont sentients, les non-humains ont indubitablement des intérêts fondamentaux, tels que ceux de ne pas être exposés à la souffrance et à la douleur et de continuer à vivre, c'est-à-dire de ne pas être tués. Il s'agit-là simplement de logique la plus basique.

Certain·e·s, tel·le·s que les supporteurs·trices de l'approche du « bien-être animal » (les welfaristes et néo-welfaristes), pensent - à tort - que les animaux non-humains ne seraient pas capables de se projeter dans le futur, de construire des projets, d'avoir des intentions, des préférences ou des anticipations pour l'avenir, d'évaluer le nombre d'années qu'il leur reste à vivre, ou encore qu'ils ne seraient pas conscients d'eux-mêmes ou n'auraient pas conscience de la vie et de la mort. Alors, les welfaristes et néo-welfaristes concluent que les non-humains auraient uniquement un intérêt à ne pas souffrir et n'auraient pas un intérêt à continuer de vivre, ce qui signifie que nous pourrions les exploiter et les tuer, à condition qu'ils aient une vie relativement agréable et que leur mort soit relativement indolore, quoi que « relativement agréable » et « relativement indolore » puissent signifier dans un tel contexte. C'est une erreur. Nous n'allons pas débattre ici des prétendues lacunes cognitives ou morales des non-humains, ni de notre infondé fantasme de supériorité cognitive. Rappelons simplement que Charles Darwin, dont les découvertes et théories sont au centre de nos connaissances actuelles (qu'on le veuille ou non), soulevait qu'il n'existe pas de différences qualitatives entre espèces, mais des différences quantitatives, des différences de degré. Précisons aussi que la science ne cesse de démontrer que les différentes caractéristiques cognitives qui ont été longtemps considérées comme exclusives aux humains sont présentes chez de nombreuses autres espèces, parfois à des degrés plus élevés que chez les humains, dont certains en sont par ailleurs dépourvus - à cause d'un handicap mental, d'un trouble neurologique, etc. Intéressons-nous maintenant au plus important.

 

​Premièrement, la position maintenue par les (néo-)welfaristes est arbitraire et spéciste, puisque jamais nous n'adoptons cette position là où les humains sont concernés. De nombreux humains sont incapables de se projeter dans le futur ou de se souvenir du passé, ne sont pas rationnels, sont privés de langage... à cause d'une maladie mentale, d'une déficience, d'un AVC, d'une amnésie transitoire globale ou simplement de l'âge (les enfants en très bas âge par exemple). Pourtant, nous n'affirmons jamais que ces humains n'ont aucun intérêt à continuer de vivre, que nous pouvons les tuer s'ils ne souffrent pas « trop » et que nous pouvons les utiliser selon notre désir. Et pour cause, leurs aptitudes cognitives n'ont aucune pertinence morale. Ils/elles sont conscient·e·s dans le moment présent et leur sentience n'est pas affectée par leur absence de souvenirs, d'anticipations ou de langage. Au contraire de considérer leur situation comme nous autorisant à les exploiter, nous acceptons toutes et tous que cela nous impose moralement de protéger les intérêts fondamentaux de ces humains qui sont en position de vulnérabilité.

 

​Deuxièmement, il est ridicule, d'un point de vue scientifique et logique, de prétendre qu'un individu sentient ne possède pas un intérêt inhérent à vivre. La sentience n'est pas une fin ; elle est un moyen pour survivre. Les êtres sentients utilisent leur sentience, utilisent leur sensations de douleur, souffrance et plaisir pour déterminer les stimuli qui représentent un danger pour leur vie et qu'ils doivent donc fuir, et les stimuli qui améliorent leur vie et qu'ils peuvent donc rechercher. Prétendre que les non-humains, alors que sentients, n'ont aucun intérêt dans la prolongation de leur vie est aussi dérisoire, comme le dit justement Gary L. Francione, que de dire qu'un individu doté de la vue n'a aucun intérêt à continuer de voir.

Il est tout aussi absurde de maintenir que les non-humains, bien que sentients, ne sont pas conscients d'eux-mêmes. S'il est peut-être vrai qu'ils n'ont pas exactement le même type de conscience d'eux-mêmes que les humains adultes « normaux », et cela n'a à nouveau aucune pertinence, la sentience implique nécessairement une conscience de soi. C'est-à-dire que lorsqu'un individu sentient éprouve de la douleur, de la souffrance ou du plaisir, il est conscient d'être celui qui éprouve cette douleur, cette souffrance ou ce plaisir. Et lorsqu'il observe un autre être sentient éprouver de telles sensations, il est conscient de ne pas être celui qui les éprouve. Dans l'exercice de la sentience,il y a toujours un individu qui expérimente subjectivement la douleur, la souffrance ou le plaisir - et le fait de les éprouver de façon différente n'a pas de pertinence, nous le constatons aisément avec les humains qui n'expérimentent pas tous ces sensations de la même façon. Il serait une fois de plus tout à fait arbitraire et spéciste, et par ailleurs anthropocentré, de considérer que la conscience de soi de type humain est requise pour posséder une valeur morale, alors même que ce type de conscience de soi n'est pas présent chez l'ensemble des humains, ni à un degré identique. Ajoutons que, dans une société raciste, l'humain blanc sert de norme pour la comparaison, mais cela ne signifie pas pour autant que ce soit moralement pertinent et acceptable. De la même façon, le fait que dans une société spéciste l'humain serve de norme de comparaison ne signifie aucunement que ce procédé est moralement pertinent et correct, cela démontre uniquement l'omniprésence du spécisme.

Enfin est-il ridicule d'affirmer que certains êtres sentients n'ont aucune conscience de la vie et de la mort puisque, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut, la sentience est un moyen pour survivre, un moyen pour éviter la mort et protéger sa vie. Donnons à cet égard un simple exemple : un non-humain se trouvant au bord d'une haute falaise n'en saute jamais. Il sait qu'en sauter représente un danger, qu'il pourrait se blesser ou se tuer. Pourtant, il ne ressent en cet instant, au bord de la falaise, aucune sensation physique, biologique, physiologique... qui l'informe du danger futur. Cela signifie donc qu'il est conscient de la mort, au-delà même de sa sentience. Certain·e·s diront qu'il s'agit d'un instinct de survie, mais comment peut-on avoir un instinct de survie sans être conscient de la mort ?

Néanmoins, en admettant que les non-humains ne soient pas conscients de la mort, nous ne pouvons en tirer aucune conclusion. Considérons une situation concrète. Sophie est profondément endormie. Marc la tue en un coup unique. Sophie meurt immédiatement, sans éprouver aucune douleur, ni prendre conscience de mourir. Cela signifie-t-il que Marc n'a privé Sophie de rien ? Non. Pour conclure ce point, citons Gary « Tout être sentient qui ne s'est pas suicidé a un intérêt à continuer de vivre. »

​Troisièmement, il s'avère que cette théorie de la similarité est intrinsèquement arbitraire et discriminatoire. Nous avons longtemps considéré une multitude de caractéristiques comme exclusivement humaines et la science n'a cessé de démontrer que ces caractéristiques sont en réalité présentes chez de nombreuses autres espèces, et ne sont pas présentes chez tous les humains. Pourtant, nous trouvons toujours une nouvelle caractéristique, ou un nouveau degré de cette caractéristique, à exiger des non-humains parce que nous ne souhaitons pas leur reconnaître leur valeur morale inhérente, ou du moins ne voulons-nous pas prendre acte de cette valeur morale, et nous prenons donc toujours soin de choisir une caractéristique que nous possédons et que les autres espèces ne possèdent éventuellement pas. Mais, pour quelle raison logique une certaine caractéristique supposément détenue par tous les humains adultes « normaux » est-elle plus importante que la capacité à voler sans assistance technique, à se repérer à l'écholocation ou à l'odorat, ou à respirer sous l'eau ? Pour aucune, si ce n'est que nous le disons. Car, pour un poisson, il est plus important et plus pertinent de pouvoir respirer sous l'eau, que de pouvoir articuler des mots. En finalité, ce jeu de la similarité est un jeu conçu dès son départ pour que les humains gagnent à coup sûr et que les non-humains perdent. Et c'est exactement ce jeu qui fut jadis - et est encore - utilisé pour justifier le sexisme, le racisme, l'homophobie et d'autres formes de discrimination.

 

​Le droit de ne pas être considéré et traité comme la propriété d'autrui

Ces intérêts sont fondamentaux et requièrent donc que les non-humains ne soient plus considérés et traités comme des ressources, choses ou propriétés. C'est leur droit le plus fondamental, sans lequel leurs intérêts quels qu'ils soient ne seront jamais respectés et protégés. En effet, si nous continuons de considérer et traiter les non-humains comme des ressources, choses ou propriétés, leurs intérêts à n'être exposés ni à la souffrance ni à la douleur et à ne pas être tués seront continuellement négligés. C'est-à-dire que nous ne mettrons jamais en balance de façon équitable leurs intérêts et les nôtres. Nous le constatons de façon évidente avec l'histoire de l'esclavage des humains. (Permettez une digression : oui, nous allons parler de l'histoire de l'esclavage des humains en parallèle à l'exploitation des non-humains. Cela ne signifie rien d'autre que ce que nous savons déjà toutes et tous : que l'histoire est censée nous servir de guide pour que nous ne reproduisions pas les choses immorales que nous avons produites autrefois. L'objectif de notre comparaison n'est donc ni de choquer, ni d'accuser, ni de diminuer la gravité d'une certaine forme d'oppression, ni d'utiliser l'histoire d'une oppression pour dénoncer une autre forme d'oppression ; l'objectif de la comparaison est de permettre une meilleure compréhension du présent en nous basant sur le passé et l'histoire. Autrement formulé... c'est de l'histoire, purement et simplement ! Et nous inviterons celles et ceux que les comparaisons historiques dérangent à lire au plus tôt les témoignages de survivant(e)s de la Shoah recueillis dans Un éternel Tréblinka, de Charles Patterson.)

L'esclavage des humains représente un cas très particulier dans notre histoire et dans les lois internationales. Il est l'une des rares pratiques que nous reconnaissons unanimement comme moralement inacceptable. Cela ne signifie évidemment pas que l'esclavage des humains n'existe plus et que tous les humains sont libres et égaux. Il existe encore diverses formes d'esclavage d'humains. Cela signifie uniquement que lorsqu'une affaire d'esclavage attire l'attention des médias, personne ne défend l'esclavage. Personne ne débat de la légitimité morale de l'esclavage ; nous sommes unanimes sur le fait que l'esclavage des humains est moralement inacceptable.

Notre regard sur l'esclavage des humains provient du fait que celui-ci implique de nier la valeur morale de certains humains, de les traiter comme s'ils n'étaient pas des personnes mais des choses, et donc de nier leur droit le plus fondamental : celui de ne pas être considérés et traités comme la propriété d'autrui. Les esclaves étaient en effet traités comme des choses. Il appartenait à leurs propriétaires d'évaluer leur valeur morale et leurs intérêts. En l'occurrence, ceux-ci étaient systématiquement dévalués, et le plus souvent niés - car ils devaient toujours demeurer inférieurs aux intérêts superficiels de leurs propriétaires. Certes, certaines lois concernaient les esclaves, mais les esclaves n'en étaient pas les bénéficiaires. Ces lois ne protégeaient pas les esclaves et leurs intérêts, mais protégeaient leur valeur économique et marchande, et ainsi les intérêts de leurs propriétaires. Il était par exemple interdit que Marc violente l'esclave de David, mais cela ne signifie pas que l'esclave de David bénéficiait de protections ou que cet esclave possédait des droits ; cela signifie que des lois protégeaient David de subir des préjudices, de voir son bien être endommagé. Ces lois concernaient les esclaves, mais ceux-ci n'en étaient pas les bénéficiaires. De la même façon qu'il est aujourd'hui interdit que Marc brise les vitres de la voiture de David ; cette loi concerne la voiture de David, mais la voiture de David n'en est pas la bénéficiaire.

Pour plus de détails sur l'aspect légal théorique et historique du droit de ne pas être considéré et traité comme une ressource, une chose ou une propriété, nous vous invitons à lire Introduction aux droits des animaux, de Gary L. Francione.

Qualitativement, l'esclavage des humains n'est pas différent de l'exploitation des animaux non-humains. C'est-à-dire que dans ces deux situations, des individus sentients sont traités comme la propriété d'autrui et leurs intérêts fondamentaux s'en trouvent alors totalement ignorés.

Le fait est que, puisque les animaux non-humains sont sentients, ils ont intérêt à ne pas expérimenter la souffrance et la douleur, et à vivre une vie continue. Pour que ces intérêts fondamentaux soient respectés, il faut que les animaux non-humains soient protégés d'être considérés et traités comme la propriété d'autrui. Ainsi, et seulement ainsi, leurs intérêts pourront être réellement pris en considération.

 

​Le principe moral : il est moralement inacceptable d'infliger de la souffrance, de la douleur et la mort à des êtres sentients sans justification valable

La sentience des animaux non-humains et les intérêts fondamentaux qui en découlent font que les non-humains ont une valeur morale inhérente, qu'ils ne sont pas des ressources, choses ou propriétés, mais des personnes. Nous ne pouvons pas ignorer ni négliger leurs intérêts sans raison valable. Nous ne pouvons pas leur infliger souffrance, douleur ou mort sans que cela soit moralement justifié.

 

Le fait que les animaux non-humains sont non-humains ne constitue évidemment pas une raison valable. Un tel motif est exclusivement spéciste, exclusivement discriminatoire. Il est tout aussi absurde et inacceptable de nier les intérêts fondamentaux des femmes parce qu'elles sont des femmes, de nier ceux des personnes à peau noire parce qu'elles ont la peau noire, ou de nier ceux des homosexuels car ils sont homosexuels, que de nier les intérêts fondamentaux des animaux non-humains parce qu'ils sont des animaux non-humains.

La détention ou non-détention de certaines capacités cognitives, à l'instar de la raison, du langage ou de la mémoire, n'est pas non plus une justification que nous pouvons accepté. Ainsi que nous l'avons relevé plus haut, le fait qu'un humain soit atteint d'une déficience mentale, d'un traumatisme le privant de langage ou d'une amnésie ne nous autorise par exemple pas, d'un point de vue moral, à le soumettre contre son gré à des expérimentations, à le manger, à le porter ou à l'utiliser d'une autre façon. À l'inverse, cela nous donne la responsabilité de le protéger. Il serait, à nouveau, arbitraire et discriminatoire de considérer cela pertinent dans le cas des non-humains alors que nous estimons cela impertinent là où les humains sont concernés.

 

En réalité, seule une nécessité serait à même de justifier cela, à l'instar d'une situation de légitime défense - la légitime défense étant une défense proportionnée à l'agression. Nous pouvons tergiverser sur ce que constitue une nécessité, cependant est-il indéniable que nous n'acceptons ni le plaisir, ni la facilité, ni le divertissement comme telle, et encore moins la discrimination. Il s'avère, véritablement, d'un principe que nous reconnaissons déjà toutes et tous, indépendamment de l'espèce.

 

​L'utilisation des animaux non-humains n'est pas nécessaire

L'utilisation des animaux non-humains ne répond à aucune nécessité, d'aucune forme. En ce qui concerne l'alimentation, l'Académie Américaine de Diététique, les Diététiciens du Canada, la Clinique Mayo, l'Association Américaine du Cœur et le gouvernement australien, parmi de multiples autres organismes, ont reconnu que les régimes végétariens, régime végétalien inclus, sont « bons pour la santé, nutritionnellement adéquats, et peuvent fournir des bénéfices sanitaires dans la prévention et le traitement de certaines maladies » et ce « à toute étape du cycle de la vie, incluant la gestation, la lactation, la petite enfance, l'enfance, et l'adolescence, et pour les athlètes »[1]. Par ailleurs, de nouvelles études très sérieuses nous alarmant des nombreux méfaits des produits d'origine animale sont régulièrement publiées depuis plusieurs années. Parmi ces méfaits, nous comptons plusieurs cancers, le diabète de type II, les maladies cardiovasculaire, les AVC, l'ostéoporose, des troubles allergiques... Vous trouverez tous les détails - et beaucoup plus - de cette question sur notre page Problématique sanitaire.

Du point de vue de l'habillement, le cuir, la laine, la fourrure, le cachemire, le mohair, l’angora, le duvet, la soie et les autres matières d’origine animale ne représentent clairement pas notre seule possibilité. Le coton, le lin, le chanvre, le polyester, le skaï, le bambou, la microfibre, le nylon, le satin, l’élasthanne, et encore bien d’autres matières sont disponibles, pour la plupart moins onéreuses que les matières d’origine animale, et certainement d’aussi bonne qualité sinon plus.

 

Quant aux loisirs (cirques utilisant des animaux, corridas, équitation, fêtes taurines, cavalcades et autres fêtes chevalines, séries et films utilisant des animaux, domestication pour la compagnie, etc.), il n’existe pas non plus de nécessité. Nous pouvons nous divertir autrement, sans utiliser les animaux non-humains et cela sera sans le moindre doute plus sain pour notre esprit – comment nous divertir de la violence pourrait-il être sain. Les zoos et les delphinariums ne répondent pas non plus à une nécessité, malgré leurs prétentions – mensongères – de sauvegarde et repeuplement des espèces, ou d’éducation. Nous consacrerons des articles plus détaillés à ces différentes formes d’exploitation et vous démontreront à quel point elles ne sont pas nécessaires.

 

Enfin, la vivisection n’est pas non plus nécessaire. Les tests sur animaux pour les cosmétiques et produits d’entretien ne sont ni nécessaires, ni utiles. Il existe une importante variété de cosmétiques et produits d’entretien véganes et ces produits, autrement plus naturels que ceux qui font inutilement l’objet de tests sur animaux, sont très sains. En ce qui concerne les traitements médicaux et recherches psychologiques et médicales, les expérimentations menées sur les animaux non-humains donnent des résultats extrêmement maigres, que nous pouvons au mieux extrapoler et étendre aveuglément aux humains. C’est-à-dire que nous ne pouvons baser que des suppositions largement approximatives sur ces résultats, et encore, le plus souvent ne sont-ils pas même assez probants que pour cela. De nombreux traitements ont démontré une efficacité sur les non-humains mais ont été incapables de témoigner des mêmes effets sur les humains et, parfois, ont provoqué de graves séquelles pouvant aller jusqu’à la mort. À contrario, il est assuré que nous avons écarté des traitements parce qu’ils ne fonctionnaient pas sur les animaux non-humains, tandis qu’ils auraient pu fonctionner sur les humains et soigner ou guérir de graves maladies. De plus, les animaux non-humains utilisés dans les expériences sont souvent utilisés pour une recherche, puis pour une autre, puis pour une autre, jusqu’à ce qu’ils soient tués ou meurent. Cela ne peut que conduire à des résultats biaisés. Par ailleurs, de nombreuses expériences menées sur les non-humains relèvent de motivations douteuses et n’ont pas pour objectif d’apporter une quelconque aide médicale aux humains. Beaucoup de ces expériences relèvent en fait de la pathologie de leurs créateurs. Quoi qu’il en soit, des méthodes d’expérimentation, de recherche et de vérification autrement plus fiables existent depuis déjà plusieurs années et il est probable que, si nous avions fait de ces méthodes notre standard, nous aurions pu trouver beaucoup plus de vaccins et remèdes que nous n’en avons trouvés. Quant à l’utilisation thérapeutique, médicale ou d’assistance des animaux non-humains, celle-ci n’est pas non plus requise.

 

Nous pourrons discuter plus longuement de ces différentes formes d’exploitation, afin de vous assurer qu’elles ne relèvent pas de la nécessité. Contentons-nous, pour cet article-ci, de cela.

 

​Puisque l’utilisation des non-humains n’est pas nécessaire, que nous reste-t-il pour justifier son existence ? Le plaisir, la facilité et le divertissement. Or, nous l’avons déjà formulé, nous ne considérons jamais le plaisir, la facilité et le divertissement comme des justifications valables. Les affaires Michael Vick – qui a organisé et participé à des combats de chiens –, Mary Bale – qui a jeté un chat dans une poubelle, où il est resté enfermé quinze heures – ou Farid de la Morlette – qui a violenté un chat – l’ont démontré. Tous les trois ont assurément tiré un plaisir, une facilité ou un divertissement de ce qu’ils ont fait à des animaux non-humains, et pourtant les avons-nous condamnés unanimement, avec intransigeance. Cette condamnation n’était certainement pas due au fait qu’il s’agissait de chiens ou de chats, nous avons la même réaction lorsque nous regardons une vidéo tournée dans un abattoir ; notre condamnation était uniquement due au fait que nous avons reconnu le plaisir, la facilité et le divertissement comme n’étant pas des motifs valables pour ignorer les intérêts fondamentaux des non-humains et leur infliger souffrance, douleur et mort.

Considérer le plaisir, la facilité et le divertissement comme des justifications acceptables reviendrait en fait à invalider tous les principes moraux auxquels nous revendiquons croire. En effet, si le plaisir, la facilité et le divertissement sont à même de justifier moralement l’exploitation animale, ils sont également à même de justifier l’esclavage, le viol et le racisme – à moins d’être spéciste et d’accepter ces justifications là où les non-humains sont concernés, mais de les refuser là où les humains sont concernés. Toutes les pratiques et conduites que nous regardons comme immorales ont existé parce que nous en retirions du plaisir, de la facilité ou du divertissement. Considérer le plaisir, la facilité et le divertissement comme valables en reviendrait à annuler le principe moral fondamental auquel nous croyons déjà toutes et tous : qu’il est inacceptable d’infliger de la souffrance, de la douleur et la mort à des êtres sentients sans motif moralement valable.

 

​Notre obligation morale : le véganisme

Résumons un instant. Les animaux non-humains sont sentients et, de fait, importent moralement. L’exploitation animale implique de négliger leurs intérêts fondamentaux et de leur infliger souffrance, douleur et mort. Nous reconnaissons tous qu’il est moralement inacceptable d’infliger souffrance, douleur et mort à des êtres sentients si cela n’est pas justifié. Or, l’exploitation animale n’est pas nécessaire et ne peut donc pas être justifiée d’un point de vue moral. Que cela nous indique-t-il ? Cela nous indique que nous avons l’obligation morale de cesser d’utiliser les non-humains. En effet, s’il est moralement inacceptable d’exploiter les animaux non-humains, nous avons l’impératif de ne pas les exploiter. Pour le formuler de façon mathématique mais simple, si X est inacceptable d’un point de vue moral, nous avons l’obligation morale d’adopter la position non-X. S’il est moralement inacceptable de tuer, nous avons l’obligation morale de ne pas tuer, par exemple.

Cesser d’utiliser les animaux non-humains ne peut passer que par le véganisme, immédiatement, directement. Le flexitarisme, le végétarisme et les autres positions moindres que le véganisme ne sont pas moralement meilleures, idéales ou acceptables ; elles recourent toutes à l’utilisation des non-humains et impliquent donc toutes d’ignorer arbitrairement les intérêts fondamentaux des non-humains, de leur infliger de la souffrance, de la douleur et la mort alors que cela ne répond à aucune forme de nécessité. Il n’existe que deux possibilités : l’exploitation animale, ou le véganisme ; et celui-ci est la seule réponse morale au fait que l’utilisation des non-humains est moralement inacceptable.

 

De nombreuses associations de « protection animale » défendent l’idée que, puisque beaucoup d’individus choisiraient de devenir flexitariens ou végétariens avant de devenir véganes, embrasser une position moindre que le véganisme est suffisant, meilleur, idéal ou acceptable. En réalité, cela n’a aucune pertinence. Le fait qu’il existe encore des individus racistes ne nous mène pas à nous aussi adopter une position moindre que l’antiracisme ou à encourager une position moindre que l’antiracisme, telle qu’un racisme réduit à six jours par semaine au lieu de sept ou ciblé sur certaines origines (racisme « végétarien »). De la même façon, le fait que certains deviennent d’abord flexitariens ou végétariens ne doit pas nous mener à adopter une position moindre que le véganisme ou à encourager une position moindre que le véganisme. Il s’avère par ailleurs que les associations de « défense animale » commettent une erreur d’analyse. Contrairement à ce qu’elles maintiennent, ce n’est pas parce que beaucoup adoptent une position moindre que le véganisme qu’elles défendent les positions qui lui sont moindres ; c’est parce qu’elles défendent et encouragent les positions moindres que le véganisme, les qualifiant de meilleures, idéales ou acceptables, et parce qu’elles présentent le véganisme comme une option parmi d’autres, ou comme une option plus ou moins réaliste et plus ou moins difficile, que beaucoup adoptent une position moindre que le véganisme.

Le flexitarisme, le végétarisme d’un jour, le semi-végétarisme, le végétarisme et les autres positions moindres que le véganisme sont aussi absurdes que de refuser de manger la viande provenant de vaches tachetées et de manger la viande provenant des vaches brunes. Promouvoir de telles positions est profondément spéciste, en ce que jamais nous n’adoptons une telle position là où les humains sont concernés. Nous ne faisons par exemple pas la promotion d’un racisme concentré sur certaines origines ou d’un « jeudi sans racisme ». En finalité, ces positions servent à rendre le public plus à l’aise avec l’exploitation animale, en lui conférant le sentiment de faire quelque chose de concret pour les non-humains. Ces positions ne sont pas des « pas en avant » ; elles sont un bond en arrière. Elles prouvent toute notre confusion et que le mouvement de « protection animale » tel qu’il existe aujourd’hui et depuis deux cents ans est la raison principale pour laquelle beaucoup n’embrassent pas le véganisme, puisque ce mouvement dit que le mieux que nous puissions faire est de signer des pétitions, donner de l’argent et s’abstenir de manger de la viande une fois par semaine.

Il ne faut pas non plus se laisser berner par (le reste de) l’approche du « bien-être », qui veut qu’il est acceptable d’exploiter et tuer des animaux non-humains dès lors qu’ils ont eu une vie relativement agréable et une mort relativement indolore, quoi que « relativement agréable » et « relativement indolore » puissent signifier dans une telle situation. Une telle approche est, encore une fois, spéciste puisque nous ne faisons jamais la promotion d’un « viol compassionnel » ou d’un « esclavage heureux » et parce qu’elle ne questionne pas le statut de propriété des non-humains ni leur exploitation. Car c'est bien simple : si nous nous opposons à l'exploitation des animaux non-humains, ce n'est pas la façon dont ils sont traités qu'il faut changer, mais bien le fait même qu'ils soient exploités ; exactement comme, si nous nous opposons à l'exploitation des enfants, ce n'est pas la façon dont ces enfants sont traités qu'il faut changer, mais le fait qu'ils sont exploités. Cette approche du « bien-être » participe à l’exploitation animale et sert à rendre à l’aise le public. En deux cents ans, elle a été incapable de fournir un quelconque changement significatif pour les non-humains – et pour cause, elle repose sur des fondements spécistes et immoraux. Nous explorerons plus amplement la question du « bien-être » et du traitement sur notre page Abolitionnisme.

Certaines personnes pensent que si nous accordons aux non-humains le droit de ne pas être considérés comme des propriétés, ressources ou choses, nous devrons aussi leur accorder tous les autres droits que nous possédons. C’est une mauvaise compréhension de la question. Nous revendiquons la reconnaissance des droits fondamentaux des non-humains. Il ne ferait évidemment aucun sens de leur accorder le droit de vote, le droit de conduire une voiture ou celui de pratiquer la médecine.

Considérons cela dans un autre contexte. X revendique la reconnaissance des droits fondamentaux des personnes souffrant d’un grave handicap mental. Reconnaître les droits fondamentaux de ces personnes ne nous mène d’aucune façon à devoir leur accorder le droit de pratiquer la médecine. De la même façon, la reconnaissance des droits fondamentaux des enfants, ou la reconnaissance de droits fondamentaux aux fœtus âgés d’un certain nombre de semaines, ne nous mène pas à leur accorder tous les droits que les humains adultes « normaux » possèdent. Il est logique que certains droits, les droits non-fondamentaux, soient entourés de conditions. Il est par exemple pertinent, d’un point de vue moral, d’accorder une importance à la possession du sens de la vue lorsqu’il s’agit de délivrer un permis de conduire. Cependant, la possession d’une caractéristique autre que la sentience n’a aucune pertinence là où les droits fondamentaux sont concernés.

​Nous l’écrivions plus tôt : le véganisme est un engagement moral nécessaire qui consiste à rejeter toute forme d’utilisation, de violence et de discrimination envers les êtres sentients, non-humains et humains. Il repose sur des principes moraux que nous acceptons déjà toutes et tous et se base sur la justice, l’égalité et la non-violence. Il ne fait aucun sens de se revendiquer en faveur de telles valeurs lorsque nous participons quotidiennement à l’injustice, la discrimination et la violence. De plus, tout mouvement se revendiquant en faveur des droits des animaux non-humains doit avoir pour principe moral, univoque et explicite, le véganisme. Il ne fait aucun sens de prétendre militer pour les droits des animaux si nous ignorons les intérêts fondamentaux des non-humains et les exploitons, tout comme il ne ferait aucun sens de militer pour des droits pour les esclaves tout en possédant des esclaves. Car, quels droits pourrions-nous accorder aux non-humains tout en niant leur valeur morale inhérente et en les exploitant ? Aucun. Nous ne pouvons pas sincèrement espérer construire une société non-violente, juste et égalitaire en appréciant chaque jour la violence, l’injustice et la discrimination.

À ce stade, si vous n’êtes pas végane, vous avez probablement une série d’objections, certaines environnementales, d’autres sanitaires, ou encore des objections basées sur les habitudes, les traditions et la culture, peut-être même sur la religion. Nous les comprenons, car nous sommes passés par là nous aussi. Nous vous invitons à lire la suite de notre site, entre autres sur les aspects sanitaire et environnemental, et à lire nos articles sur les différentes objections au véganisme.

[1] http://www.eatright.org/About/Content.aspx?id=8357, consultée le 23 décembre 2014